Sécheresse oculaire

Qu’est-ce que c’est ?

La sécheresse oculaire est une affection fréquente de la surface de l’œil. Les larmes sont produites en quantité insuffisante, ou elles sont de mauvaise qualité et s’évaporent trop vite. Le film lacrymal ne protège alors plus correctement l’œil.

Les symptômes les plus courants

  • sensation de sable, de grain ou de corps étranger
  • brûlures, picotements, yeux rouges
  • fatigue visuelle, surtout devant les écrans
  • vision qui fluctue et s’améliore en clignant
  • paradoxalement, des yeux qui pleurent

Deux mécanismes, souvent associés

  • Manque de larmes : les glandes lacrymales n’en produisent pas assez.
  • Évaporation excessive : c’est la forme la plus fréquente. Elle est le plus souvent liée à un dysfonctionnement des glandes de Meibomius, de petites glandes situées dans les paupières qui produisent la couche grasse des larmes. Quand elles sont obstruées ou enflammées, les larmes s’évaporent trop rapidement.

Facteurs favorisants

L’âge, le travail sur écran, l’air sec ou climatisé, le port de lentilles, certains médicaments, les changements hormonaux ou encore certaines maladies générales.

Un traitement par étapes

Le traitement est adapté à chaque patient après un bilan de la surface oculaire, qui permet d’identifier le mécanisme en cause.

1. En première intention : les collyres lubrifiants

Les larmes artificielles constituent le traitement de base. Elles sont souvent associées à des soins des paupières (compresses chaudes, massage) et à quelques mesures simples : pauses régulières devant les écrans, humidification de l’air.

2. Lorsque ces mesures ne suffisent pas : les traitements au cabinet

Si les symptômes persistent malgré un traitement bien suivi, des technologies réalisées au cabinet peuvent être proposées en complément : IPL, QMR, OptiLIFT ou LLLT. Le choix dépend du mécanisme prédominant. Elles ne remplacent pas les soins habituels de l’œil sec.

IPL – Lumière pulsée intense

Description de la technologie

L’IPL utilise des flashs de lumière polychromatique appliqués sur la peau située autour des yeux, principalement sous les paupières. Le traitement est réalisé avec une protection oculaire adaptée et ne touche pas directement le globe oculaire.

Mécanismes d’action

La lumière agit notamment sur les petits vaisseaux inflammatoires de la paupière et produit un effet thermique qui peut favoriser la fluidification des sécrétions des glandes de Meibomius. Elle peut également contribuer à diminuer l’inflammation de la surface palpébrale et à améliorer la stabilité du film lacrymal.

Indications

L’IPL est surtout proposée dans la sécheresse oculaire évaporative liée à un dysfonctionnement des glandes de Meibomius, en particulier lorsqu’il existe une inflammation du bord palpébral ou des petits vaisseaux visibles. Elle est généralement utilisée en complément des soins habituels de l’œil sec.

Modalités de traitement

Un protocole courant comprend 4 séances espacées de 2 à 4 semaines. Chaque séance est courte, généralement de l’ordre de 10 à 20 minutes. Il n’y a habituellement pas d’éviction sociale: une rougeur transitoire de la peau peut toutefois survenir.

Contre-indications et précautions

Le traitement n’est pas réalisé en cas de photosensibilité importante, de prise de certains médicaments photosensibilisants, de certaines maladies ou lésions cutanées dans la zone traitée, ni en présence d’une inflammation ou infection oculaire active. La grossesse et l’allaitement peuvent également conduire à différer le traitement. Le protocole est adapté au phototype et aux caractéristiques de la peau.

Après la séance

Une légère chaleur ou rougeur peut être ressentie pendant quelques heures. Il est recommandé d’éviter l’exposition solaire importante et de protéger la peau du soleil. Le maquillage et les activités habituelles peuvent généralement être repris rapidement.

QMR – Quantum Molecular Resonance

Description de la technologie

La QMR est une électrothérapie non invasive utilisant un courant électrique de faible intensité et de haute fréquence, appliqué au niveau des paupières fermées à l’aide d’un masque. Considéré comme un SPA de l’oeil, le patient ressent une amélioration immédiate de sa gène oculaire. 

Mécanismes d’action

La QMR vise notamment à moduler l’inflammation et à favoriser les mécanismes naturels de réparation et de fonctionnement cellulaire de la surface oculaire. Des études ont également montré des améliorations de certains paramètres du film lacrymal et des sécrétions des glandes de Meibomius.

Indications

La QMR peut être proposée dans différentes formes de sécheresse oculaire : évaporative, par insuffisance de larmes ou mixte. Elle peut notamment être envisagée lorsque la sécheresse est persistante ou importante, après évaluation de la surface oculaire.

Modalités de traitement

Un protocole étudié et couramment utilisé comprend 4 séances de 20 minutes, à raison d’une séance par semaine. Dans certaines formes sévères ou récidivantes, un protocole plus long peut être proposé. Le patient peut reprendre ses activités habituelles immédiatement.

Contre-indications et précautions

Le traitement doit être évité ou différé en cas d’infection oculaire active, de certaines affections de la cornée ou des paupières, après une chirurgie oculaire récente, pendant la grossesse et l’allaitement, ou chez les patients porteurs de certains dispositifs électroniques implantés. Le médecin vérifie les antécédents et les traitements avant la première séance.

Après la séance

Aucune éviction sociale n’est habituellement nécessaire. Il est possible de reprendre immédiatement les activités quotidiennes et les soins habituels de l’œil sec selon les recommandations du médecin.

OptiLIFT – Radiofréquence et stimulation musculaire

Description de la technologie

OptiLIFT associe une radiofréquence (RF) et une stimulation musculaire dynamique (DMSt) appliquées autour de la paupière inférieure. La stimulation musculaire provoque de petites contractions contrôlées du muscle orbiculaire, tandis que la radiofréquence apporte une chaleur contrôlée aux tissus.

Mécanismes d’action

La stimulation musculaire vise à améliorer le tonus du muscle orbiculaire et la qualité du clignement. Un clignement plus complet permet une meilleure répartition du film lacrymal sur la surface de l’œil. La radiofréquence chauffe les tissus et peut contribuer à leur raffermissement ainsi qu’à améliorer la fluidité des sécrétions des glandes de Meibomius.

Indications

OptiLIFT est particulièrement intéressant lorsque la sécheresse oculaire est associée à une paupière inférieure relâchée, à un clignement incomplet ou inefficace, ou à une mauvaise répartition du film lacrymal. Il peut être utilisé en complément d’autres traitements de la sécheresse oculaire.

Modalités de traitement

Un protocole courant comprend 4 séances espacées d’environ 1 semaine. Une séance dure environ 7 minutes par côté, selon le protocole utilisé. Le traitement est réalisé au cabinet, sans anesthésie et sans interruption des activités habituelles.

Contre-indications et précautions

Le traitement est notamment contre-indiqué en présence d’un pacemaker, d’un défibrillateur ou d’un autre dispositif électronique implanté, ainsi qu’en présence de métal dans la zone traitée. 

Après la séance

Une sensation de chaleur ou de petites contractions musculaires peut être ressentie pendant la séance. Une légère rougeur peut parfois apparaître et disparaît généralement rapidement. Il n’y a pas de temps de récupération et les activités quotidiennes peuvent être reprises immédiatement.

À retenir

Ces technologies ne remplacent pas systématiquement les traitements classiques de la sécheresse oculaire. Leur intérêt dépend du mécanisme prédominant : inflammation et dysfonction des glandes de Meibomius pour l’IPL, inflammation et altération de la surface oculaire pour la QMR, et défaut de clignement ou relâchement de la paupière inférieure pour l’OptiLIFT. Le choix du traitement et le nombre de séances sont individualisés après un bilan de la surface oculaire.

Les modalités (nombre de séances, durée, intervalles, paramètres et contre-indications) peuvent varier selon l’appareil utilisé, le protocole du centre et l’état de santé du patient. Elles doivent être confirmées lors de la consultation.